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Archive for décembre 2008

Condamnée en sursis….

Mon coeur cessa de palpiter… Ma gorge devint embrasée, iritée… Ma bouche était restée grande ouverte, comme un abîme… Je manquai d’air…

Assise devant l’âtre de ma cheminée, m’amusant à ouïr le bois pétard et à admirer le feu dansant sur le tempo que lui jouait le hêtre grésillé, ses instants me revinrent, comme jalouses de mon bonheur, pour faire évanouir tout sentiment de gaité, qui, pendant un instant, avait illuminé mes yeux d’une rare et éphèmere étincelle.

Une phrase… non imprimée dans ma mémoire mais tatouée, est à l’origine de la vie que je mène en paria, une fois prononcée.

De sa voix sépulcrale et posée, m’avait-elle été dite, alors qu’une pâleur cireuse s’était répondue sur ses traits, ne restant plus trace de sa gaité consulvise.

Le test était positive…. Le premier. Le deuxième. En phase grave.

Depuis, et il y a maintenant un mois delà, ma vie s’est envenimée… comme un minuscule insecte ravageur qui envahisse calamiteusement tout un champs et cause la ruine et la faillite de l’agriculteur, ou alors comme une vaguelette qui vient détruire le château de sable que le môme a pris le soin de construire, ou encore comme un séisme qui résulte l’effondrement d’une majestueuse architecture jalousement entrenue, je me suis écroulée moi aussi. J’ai dimissionné, rompu avec lui, et suis tombée en désuétude, dans mon ermitage. Lui, il était le tout pour la candide femme que j’étais, jusqu’à ce que je me suis réveillée d’un rêve si idylique et chaste pour être éternel.

Mes mains en visière, cachant ma face, puis tout mon corps, m’enveloppant de mes bras… comme pour taire tout le vénin qui coulait dans mon âme ainsi que le poison que battait mon coeur.

J‘ai déjà vidé toutes les larmes de mon corps à pleurer mon sort, remplissant ainsi un océan imaginaire des ténèbres, où chaque larme se transforme en un revenant qui hante tous les instants et tous les lieux.

En face, gisait une pendule. Dedans se berçait un balancier. Les vibrations de celui-là, que je trouvais autrefois atroces et importuns, me sont, aujourd’hui, seuls et uniques acolytes, me portant compagnie avec leur doux et lénifiant ‘tic… tic’.

Cependant, il y a de ses instants où je les arrose puis trompe de vitupérations, chaque fois que je me rends compte que se sont ces ‘tic…tic’s qui me rapprochent de la mort.

Non! pas ce mot. J’en ai la hantise et le coeur qui palpite rien qu’à l’entendre… ce coeur d’ailleurs calciné après s’être percé des septs glaives de la douleur, et toupillé au beau milieu d’une tourmente. Une Idée qui aujourd’hui n’est que conceptuelle et imaginée, à travers le noir, mais qui plus tard, et dans très bientôt deviendra plus palpable…

Comme c’est curieux… Trivalement, chaque fois que je cueille un papier vierge et que j’ai pour but de le déflorer, la peur de la plume que je tins me paralyse les doigts, et une bribe de pitié m’adoucit le coeur, pour n’y réussir onques. Je m’étonne donc en m’appercevant que j’ai déjà crayonné des lignes. Ces lignes…. je ne les metterai pas dans une bouteille et je ne les jetterai pas non plus à la mer, mais je demanderai à quiconque qui les ait lues, qu’il pense aux tant de personnes comme moi, atteintes du Sida… rien qu’une pensée… et pourquoi pas un don…

Rappel: Pas de panique… Ce texte n’est pas une AUTObiographie.

P.S: Pour ceux qui ne le savent pas encore, j’ai posé ma candidature dans le MarocBlogAwards’09, catégorie ROOKIE. Merci pour tous ceux qui ont proposé mon blog… s’il y en a qui l’ont fait bien sûr :).

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Ce matin-là, une veulerie titanesque dont je ne pouvais fuir, vint m’envelopper toute entière, me hantant de sa morosité coutumière. Je sortis donc faire un tour, histoire de me rafraîchir les idées.

Une fois dehors, je fus enchantée par la nature resplendissante autour de moi et qui chassa promptement le désagrément qui étreignait mon coeur pour donner place à une félicité béate.

Là-haut s’abritait un soleil, grand et livide, dardant des grêles de flèches d’or, qui m’aveuglaient toute fois que je portais mon regard au grand azur. Au-dessous de ce dernier s’effilaient quelques vapeurs blanches, mais le moindre volute de nuage n’était présent. On aurait dit que c’était une journée printanière, alors qu’on est début décembre…

Les pieds traînards, je déambulais de ruelle en ruelle, alors qu’un mille parfums me sautait au visage, savourant le rajeunissant bonheur que m’offrait sans retenu, et avec grande indulgence la nature clémente, m’éloignant peu à peu de mon chez moi. Mon logis, c’est une maison avec jardin, perdue dans un immense lotissement. Tout autour, une trêve de champs, éparpillés, et quelques bidonvilles.

A mesure que j’avançais, ma marche se ralentissait comme machinalement; il n’y avait de là qu’un instant, je m’aperçus qu’il n’y avait que moi et le bon Dieu à l’horizon… Je fis halte alors, devant un champ de blé.

Comme c’était une colline, je me tins inactive, un bon bout de temps, scrutant le panorama au-dessous. Ici et là, des ‘cabanes’ sordides et mesquins y étaient chichement ‘fabriqués’. A proximité, quelques vaches toutes grêles se déhanchaient au long du pâturage. Plus loin, des enfants montés sur des baudets faisaient le tour des champs. Et à gauche, je distinguais à peine un bâtiment mi-détruit, mi-noirci. À sa vue, je m’étais tout de suite imbue d’un amas de sentiment, réunissant rancoeur et commisération. Çà m’avait fait exhumer un souvenir importun, marqué d’une pierre blanche, intarissable.

Ce fut un Samedi.

Pour fuir la routine, chaque dernier jour d’étude, alors que je sortais à midi, je demandais à mon père de ne pas venir me chercher, et je prenais le bus. Il fallait tout de même qu’il m’attende à l’arrêt de celui-là puisque c’est à quatre kilomètres de la maison. J’ai étais dépitée cette fois-ci de la vieille rengaine que m’avait lancé le chauffeur de bus, ‘wach kayn chi bgar ola walou?’ *, lorsque je lui demandai de me déposer. Je m’étais contenté de lui répondre par un regard torve.

Une fois à terre, la vue d’innombrables automobiles couvrant le sol aride, me surpris, puisque de coutume, il n’y avait que celle de mon père. Ma surprise fut comblée quand je vis une mousse fuligineuse et massive, dansant dans les airs, et qui enfumait de très vastes surfaces.

Il ne me fallait alors qu’un laps de temps pour comprendre que c’était un incendie colossal qui avait généré le gigantesque nuage de fumée noir et épais. Mon père après m’avoir vu venir, se démêla d’une cohue de personne et accourût vers moi, son téléphone en main, s’en servant pour filmer la scène. Il me demanda de le suivre, et avec une obéissance religieuse, je le suivis jusqu’à ce qu’on s’approche de l’endroit de l’incendie.

Un essaim de gens emplissait la place et un tohu-bohu y régnait. On sanglotait. On criait. On blâmait. On perdait conscience. On demandait à appeler encore et encore les pompiers, qui, nonchalamment, n’étaient TOUJOURS pas là!

Une scène des plus atroce au quelle pourrait assisté l’être humain.

Mon père me rapporta le discours que lui avait fait un rescapé, m’expliquant que le bâtiment était un usine de ‘ponge’ qui a pris feu au environ de dix heures et demi, et où les portes de secours étaient occupées, ce qui explique le fait que le personnel de cet usine s’était grillé à l’intérieur, ne trouvant nul issu d’où il pourrait sortir. Certains se sont jetés par la fenêtre, d’autres se sont plutôt occupé à faire leurs dernières prières et peu sont ceux qui s’en étaient échappés.

‘Waa baaaaa!’ criait comme un sourd une jeune demoiselle, qui aurait mon âge, assise sur ses talons, se frappant le front contre le sol, et se relevant pour se le re-frapper encore. Sa voix si doucereuse et perçante appela l’attention de mon père, qui partit la consoler. Ses pleurs, j’en entends encore l’écho, comme sur le haut de la colline, comme ici, devant mon écran d’ordinateur.

rement avez vous entendu parler de cet incendie qui a causé d’IMPORTANTS dégâts humains. Si l’on croit les autorités, ils se comptent par cinquantaine, les hommes et femmes qui ont trouvé leur fin dans cet usine, où les moindres précautions de sécurité n’était présent. Une question se pose…Qui devra-t-on condamné?

PETITE PENSEE A CES GENS-LA, VICTIME DE L’INCOUSCIANCE, DE LA CORROMPTION, DE LA CONVOITISE, DU CAPITALISME, DE LA DICTATURE ET DE L’INJUSTICE !

*Il fallait excuser tout de même son esprit tortu, pour son brillant raisonnement, c’est que c’est la campagne, là où je lui ai demandé de me déposer.

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